Aller au contenu

ลาก่อน Thaïlande, selamat pagi Malaisie

=> nous avons ajouté un album photo récapitulatif sur la Thaïlande.

De retour d’une étape balnéaire très touristique sur l’île de Koh Tao, nous reprenons la route pour descendre tranquillement en direction de la Malaisie. Le sud de la Thaïlande est mondialement connu pour ses îles et ses plages et même si nous sommes d’ordinaire plus branchés montagnes que sable blanc, nous prévoyons plusieurs petits détours sur la côte pour profiter de la mer. 

Après plusieurs mois à dormir dans des petits hôtels, le bivouac manque à tous. La tente est devenue notre petit chez-nous où nous aimons nous retrouver tranquillement à quatre le soir. Ainsi, nous nous arrêtons le premier soir dans un joli parc où un kiosque sur pilotis est aménagé au dessus d‘un étang. Quelques personnes font un peu d’exercice en fin de journée et ils nous confirment que la zone est sûre pour camper. Les filles sont ravies de monter la tente pendant que les parents s’occupent du réchaud. Les insectes et grenouilles se relaient pour animer la nuit et, malgré l’inconfort de la chaleur et de l’humidité, nous sommes ravis !

Le réseau routier est assez dense et pourvu de très nombreuses petites routes qui serpentent au milieu des plantations d’hévéa, de coco et de palmiers à huile. L’huile de palme a mauvaise réputation en Europe, à cause de la déforestation et de ses piètres qualités nutritionnelles, mais elle est ici une culture importante pour le pays. L’essentiel de la production est destinée au marché local sous forme d’huile de cuisson ou de biocarburant. La Thaïlande est un très petit producteur par rapport à ses voisins malaisiens et indonésiens, mais nous sommes quand même impressionnés par l’intensité de la production. Les grappes de noix de palmiers sont régulièrement détachées du sommet des arbres à l’aide d’une longue perche terminée d’une lame de couteau, ramassées dans des pickups, chargées dans des énormes camions et transportées dans des grosses usines d’extraction et de traitement. Les noix sont très huileuses au toucher et il en pousse plusieurs grappes d’une vingtaine de kilo sur chaque palmier, ce qui laisse présager d’un rendement élevé et d’un prix de revient défiant toute concurrence.

L’autre culture dominante dans la région est l’hévéa. Surnommé l’arbre à caoutchouc, sa sève sert à fabriquer le latex et, après transformation, le caoutchouc. Les forêts sont plantées soigneusement avec un arbre tous les cinq mètres. Lorsque les arbres sont suffisamment grands, leur écorce est entaillée au niveau du tronc et la sève blanche s’écoule dans une petite coupelle où elle peut être récoltée. Moins médiatique que le palmier, ce type de monoculture est tout aussi nuisible à la biodiversité et à la stabilité des écosystèmes. Pour nous, visiteurs à vélo, ces plantations offrent cependant beaucoup de verdure, des espaces soigneusement entretenus, une ombre salvatrice, et des animaux à observer. 

En nous perdant un peu dans les plantations nous passons devant deux paysans occupés à faire cueillir des noix de coco par leurs singes. Les petits animaux sont reliés à leur maître par une fine cordelette d’une vingtaine de mètres et encouragés à la voix d’un cocotier à l’autre pour en décrocher les fruits. Les singes n’ont aucun mal à grimper très haut ou à sauter d’un arbre à l’autre. Avec leurs petites mains adroites, ils font tourner les noix jusqu’à ce qu’elles se décrochent. De temps à autre, ils redescendent chercher une récompense auprès de leur maître. Le spectacle à tous les airs d’une attraction pour touristes, mais ce n’en est clairement pas une ! Nous avions remarqué plusieurs fois dans la même journée des singes tenus en laisse aux abords des maisons, parmi les chiens, les chats, les poules et les cochons, mais n’avions pas fait le rapprochement avec les nombreuses plantations de cocotiers de la région.

De nombreux petits vendeurs sont installés le long des routes. Souvent, ce sont des boutiques minuscules qui vendent des produits de longue conservation, parfois c’est une camionnette aménagée ou un marché ambulant qui s’arrête proposer des produits frais. Plus insolite, à un croisement routier, ce sont une fois des collectionneurs d’amulettes qui vendent et s’échangent leurs portes-bonheurs représentant Bouddha ou d’autres idoles. Notre curiosité nous pousse à nous arrêter pour discuter un peu, d’autant plus que les enfants avaient reçu il y a quelques semaines des amulettes similaires en cadeau, de la part de moines bouddhistes. La valeur de ces petites médailles peut varier de presque rien, comme les nôtres 😅, à près d’un million de dollars pour les exemplaires rarissimes ! La valeur d’une amulette ne dépend pas que du matériau utilisé mais aussi de la réputation de son créateur et de la « puissance » supposée de l’artefact. C’est apparemment un monde de passionnés et un microcosme effervescent.

Les bords de mer sont par endroits très sales, les marées apportant graduellement des montagnes de détritus qui ne sont que très rarement ramassés. Les dépôts d’ordures sauvages, encore nombreux dans le pays, continuent à alimenter les rejets en mer à chaque mousson. Les gens sont cependant très prompts à nous indiquer les petites criques propres, et même souvent paradisiaques, dans lesquelles nous pouvons profiter de la baignade, seuls au monde comme des Robinsons Crusoés. Seuls, nous le sommes aussi dans un magnifique hôtel de bord de mer le soir à Sawi ou dans un sympathique restaurant sur pilotis au milieu des barques de pêcheurs. C’est peut être la haute saison dans les stations balnéaires des îles, mais ailleurs nous sommes les seuls touristes 😀.

Le camping est très peu répandu en Thaïlande et, dans un pays dont nous maîtrisons peu les codes, nous préférons autant que possible nous assurer que nous n’enfreignons pas les lois locales. L’une de nos techniques pour camper est de rentrer dans la cour d’un bâtiment administratif, si possible avec des gens dehors, et d’expliquer avec les mains que nous cherchons un emplacement pour installer notre tente. Rapidement, les uns appellent les autres, la communication se développe, la bienveillance fait son chemin, et une solution se dessine. Nous nous retrouvons ainsi une fois au bord d’un terrain de football, avec un pack de bouteilles d’eau, l’accès aux sanitaires et une lampe halogène pour nous éclairer.

Mais parfois, c’est la beauté et la tranquillité des lieux qui nous invitent à bivouaquer. En cherchant un endroit avec un bon réseau téléphonique pour qu’Emilie puisse appeler ses copines, nous découvrons un magnifique point de vue au sommet d’une colline, bien dégagé et surplombant les forêts du parc national de Namtok Ngao. Il y a une table, des bancs, une balançoire et une belle surface en herbe pour planter la tente. Il ne nous manque que de l’eau potable pour que tout soit parfait, et voilà qu’une gentille dame passant par là nous fait don d’une grande bouteille d’eau ainsi que de beignets pour le dessert 🙏! Nous installons juste la moustiquaire de la tente pour profiter pleinement des étoiles et de la légère brise, et passons une nuit magique, bercés par les bruits de la forêt.

La descente le lendemain matin est longue et très raide, au point que le liquide de frein du vélo de Sylvain entre en ébullition… C’est limite, mais le vélo finit quand même par s’arrêter 😳. L’air est déjà bien chaud et il faut faire des pauses dans la descente pour laisser aux freins le temps de refroidir. Seuls dans les pentes de cette forêt inextricable et foisonnante, nous en profitons pour écouter encore le vacarme des insectes et des oiseaux. 

La traversée de cette zone de montagnes est éprouvante, avec une route en montagnes russes et un soleil redoutable. La chaleur et l’humidité font que la moindre des montées, qui sont parfois plutôt raides, nous fait transpirer à grosses gouttes. Ce sont des litres d’eau qui dégoulinent ainsi de nos coudes, de nos vêtements et de nos sandales 😅. Heureusement, nous trouvons de l’eau, des boissons fraîches et des glaçons partout, ce qui nous évite de devoir nous charger inutilement. 

Nous profitons dès que possible des rivières pour nous rafraîchir. Près de Ban Kao Kai, une petite échelle nous permet ainsi de descendre au fond d’un étroit canyon pour une baignade salutaire dans une petite rivière. L’eau doit être à 25 degrés, mais elle nous paraît presque froide ! La région est aussi célèbre pour ses sources d’eaux chaudes mais il fait 36 degrés à l’ombre et nous passons notre tour pour rejoindre plutôt la piscine de l’hôtel que nous avons réservé à Ranong. Située à la frontière birmane, la ville rassemble différentes communautés bouddhistes, musulmanes ou chinoises et nous sentons que nous basculons doucement dans une région où le bouddhisme n’est plus autant omniprésent. 

Il y a plusieurs îles proches de Ranong et nous hésitons à nous rendre à la plus connue d’entres elles, Koh Phayam, de crainte d’y trouver un tourisme trop festif et enfumé. Le cannabis est en vente légale depuis peu en Thaïlande, ce qui attire un public plutôt immature et pénible. Le gouvernement semble sur le point de faire marche arrière devant les nuisances occasionnées, mais la situation ne paraît pas encore partout sous contrôle. Un couple de cyclotouristes néerlandais rencontrés au Laos nous donne des informations rassurantes sur l’île de Koh Phayam et, surtout, nous mettent en contact avec une famille suisse déjà sur place. Ceux-ci sont en voyage à vélo avec leurs quatre enfants, et ils seront pendant trois jours nos compagnons de plage, de jeux et d’école. Nous repartirions bien ensemble mais nos chemins vont dans des directions opposées. 

Bien que peuplée de touristes occidentaux, principalement européens d’ailleurs, l’île de Koh Phayam est relativement calme et nous sommes installés dans de petits bungalows qui donnent directement sur une immense plage de sable blanc. L’eau est incroyablement chaude et les enfants passent des heures à jouer ensemble dans les vagues ou à faire des châteaux avec un sable fin comme de la farine. En visitant l’intérieur de l’île, nous avons le plaisir d’observer toute une compagnie de toucans, ces oiseaux exotiques au bec surdimensionné, des milliers de chauves-souris pendues par les pieds aux branches des arbres, des lézards de toutes les tailles, et de modestes mais mignons écureuils. 

Au retour de l’île, nous faisons un petit arrêt dans un magasin de vélos où un mécanicien sympathique nous aide à revisser le jeu de direction d’un des tandems. Il y a un écrou qui se desserre régulièrement et nous sert de prétexte à aller bavarder avec la première personne susceptible d’avoir une clef à molette. Mais cette fois le problème a l’air différent et nous étions un peu inquiet que quelque chose ne soit cassé. Il s’agit en fait juste d’une autre vis desserrée et nous pouvons repartir très vite. 

Un jour en fin d’après-midi, intriguée par la musique, Héloïse insiste pour que nous nous arrêtions dans un petit temple chinois. Là, un prêtre en transe et probablement imbibé d’alcool de riz s’exerce à un rite de purification sur les membres de la communauté qui se présentent à tour de rôle devant l’autel. D’autres fidèles jouent les mêmes cinq notes de musique dans une litanie de percussions ininterrompue légèrement enivrante. On nous invite ostensiblement à manger au buffet devant lequel s’affairent plusieurs cuisinières. Nous comprenons qu’une bonne partie du public attend en fait patiemment la fin de la cérémonie pour se régaler du repas offert par le temple. Dès que la musique s’arrête, les assiettes pleines de nourriture circulent entre les tables et tout le monde est copieusement servi en riz, pâtes, et currys autant variés que délicieux. La nourriture est gobée en quelques minutes et le temple se vide rapidement de tous ses convives. Nous sommes simultanément émerveillés par les saveurs de la cuisine, la générosité de nos hôtes, et la rapidité avec laquelle le repas est expédié. Nous faisons de même : peut-être que le dernier fait la vaisselle 🫣.

Dans un petit hameau avant Phang Nga, une famille de Thaïlandais parlant bien anglais nous aident à trouver un endroit pour dormir. Le beau-père de la cuisinière, à la retraite, travaillait sur une plate forme offshore en tant qu’ouvrier de production de gaz naturel dans le Golfe de Thaïlande. C’était un travail difficile, mais d’après lui bien moins pénible que celui de ceux qui devaient forer les puits. Après avoir obtenu l’accord des moines, la famille nous fait savoir que tout le quartier a été informé de notre présence, y compris à la caserne de police toute proche, et que nous pouvons dormir en toute sérénité près du temple bouddhiste au bord d’une rivière. Aussi, une petite donation volontaire devant la statue de Buddha avant de partir le matin serait appropriée. Nous aimons bien recevoir des conseils explicites de ce type car il n’est pas toujours facile de décoder les us et coutumes des différentes cultures en matière d’argent.

De petits zigzags entre les pitons karstiques nous conduisent à Phang Gna où nous louons une petite maison pendant trois jours. Nous devons en effet faire prolonger nos visas, autrement limités à trente jours et sur le point d’expirer. La maison est équipée d’une petite cuisine alors, pour la première fois depuis quatre mois, nous partons faire des vraies courses au supermarché. Heloïse est toute contente d’aller pousser un cadi ! Nous trouvons une bonne offre de produits frais et les enfants sont ravis de passer deux jours sans manger de riz. 

La région est truffée de grottes, dont celle très connue de Tham Phung Chang. C’est une petite aventure de remonter la rivière souterraine en canoë, puis en radeau et enfin à pied pour observer les chauves-souris et des concrétions spectaculaires. Cette visite rafraîchissante nous fait patienter jusqu’à notre rendez-vous à l’immigration. L’opération d’extension des visas est très efficace et nous pouvons ainsi prendre notre temps pour rejoindre la Malaisie. 

Il fait vraiment très chaud en ce début du mois de mars, souvent entre 35 et 40 degrés au plus fort de la journée et rarement en dessous de 25 dans la nuit. Forts de nos expériences un peu désagréables dans l’Isan où la chaleur nous avait sapé le moral, nous prenons soin de prévoir des étapes courtes, de faire de nombreux arrêts pour visiter la région, et d’éviter autant que possible de rouler entre 11h et 16h. Nous trouvons régulièrement, dans des endroits assez improbables de la campagne thaïlandaise, des cafés ou restaurants climatisés et très bien aménagés dans lesquels nous sommes les bienvenus pour laisser passer les heures les plus chaudes. Ce sont des bons moments pour faire de l’enseignement, boire des jus de fruits, dessiner, écrire, planifier les itinéraires, recharger les appareils électroniques et discuter.

Mathilde est devenue championne pour planifier des itinéraires qui évitent les grands axes routiers, résultats d’une savante combinaison de Google Maps, Komoot, OSM And et d’une bonne dose de bon sens. Nous pédalons ainsi essentiellement sur des routes secondaires sans circulation et vraiment très agréables quand il ne fait pas trop chaud. La végétation luxuriante des palmiers et des hévéas procure une ombre bienvenue et le traffic routier est quasi inexistant. Nous traversons de grandes plaines parsemées de beaux pitons karstiques couverts de forêts, offrant un relief suffisant pour rompre la monotonie mais pas pour nous casser les jambes 👌. Les montagnes rocheuses s’étendent au loin dans la mer en une ribambelle de petites îles rappelant un peu la baie d’Along et attirant de nombreux visiteurs.

Nos amis suisses Becky et Kurt sont justement en vacances sur l’une des îles de la région, Koh Yao Yai. Un petit trajet en ferry nous permet de les rejoindre pour célébrer ensemble l’anniversaire de Sylvain 🥳. Nous sommes très heureux de retrouver un peu d’air de Suisse 🇨🇭 et de profiter de leur petite piscine privée absolument magnifique avec une vue imprenable sur la mer et les îles 🤗. Merci ! A force de passer du temps dans l’eau les enfants ont fait de gros progrès en natation. Héloïse, qui détestait se mouiller le visage, a perdu sa peur de l’eau et apprend spontanément à faire ses premières brasses. Les quatre journées entre amis s’écoulent paisiblement à explorer les plages de sable fin somptueuses et très tranquilles de l’île.Celle-ci est relativement sauvage, mais suffisamment touristique pour être dotée de plusieurs restaurants de qualité. Nous en profitons pour goûter aux versions un peu plus élaborées des plats que nous connaissons maintenant très bien : salades de papayes, riz frit, pad thaï, etc… Même les options épicées ne nous font plus peur, quitte à parfois quand même cracher du feu par les oreilles 🌶️🌶️🔥.

Près de Krabi, nous entrons assez soudainement dans des régions à dominance musulmane. Les Buddhas laissent la place aux mosquées, les femmes portent le voile, et il n’y a plus de bières dans les 7-eleven. Les gens sont toujours aussi sympathiques et curieux, ce qui est de bon augure pour notre prochaine destination, la Malaisie.

Nous passons par la ville même de Krabi et profitons de l’occasion pour essayer de faire réviser les vélos et réparer une ou deux bricoles, comme l’éclairage de l’un des deux tandems qui a cessé de fonctionner récemment. Les tandems vont bien mais nous ne parvenons pas à réparer le feu avant. Ce n’est pas très grave car nous ne roulons pas de nuit, mais même de jour on ne peut pas être trop visible à vélo et nous aimerions bien pouvoir rallumer ces lampes.

Notre itinéraire passe ensuite par Emerald pool, l’une des grandes attractions touristiques de la région. Une jolie forêt a été préservée dans un grand parc autour de bassins d’eau crystalline aux couleurs suggestives : émeraude, crystal et bleue. Le chemin pour s’y rendre traverse une belle forêt où les filles jouent à Tarzan avec les lianes. La baignade est autorisée dans le plus grand bassin et elle est bien agréable et rafraîchissante. Le nombre de touristes augmente rapidement avec l’arrivée des minibus en provenance de Krabi alors nous nous remettons en route. 

Le soir, nous cherchons un endroit pour camper et c’est dans une école que nous sommes accueillis très gentiment. La directrice nous autorise à camper dans la cour de l’école, s’assure que nous avons de quoi dîner et nous offre des fruits pour le dessert. Au petit matin, nous croisons les premiers écoliers qui nous regardent avec de grands sourires curieux 😀. Nous prenons de plus en plus le petit déjeuner dans la rue. Il y a de nombreux stands le matin au bord des routes avec des plats sucrés ou salés bien nourrissants.  Nous goûtons ainsi à une sélection de desserts thaï très variés et savoureux, même si le riz violet sucré fermenté alcoolisé ne séduit que Sylvain ☺️.

Encore plus qu’ailleurs, la région est infestée de chiens, errants ou domestiques, qui ont l’air d’adorer courir bruyamment après les étrangers en tandems. Ils se lassent assez vite et sont probablement plus bruyants que dangereux mais ils sont le principal bémol à cette campagne thaïlandaise qui est sinon tellement agréable pour pédaler. Au début nous nous excitions pour les faire déguerpir, mais nous avons réalisé que les ignorer complètement est tout aussi efficace 🤷.

Pour notre dernier camping en Thaïlande nous faisons notre camp sur un joli point de vue surplombant une vallée de palmiers, mais il est malheureusement situé au bord d’une petite route très raide où chaque moto qui passe pétarade bruyamment jusqu’à tard dans la nuit. On ne gagne pas à tous les coups au jeu du camping sauvage ! 

Nous avions rendu les clefs de notre appartement à Baden avant de partir et il nous faut tout doucement commencer à préparer notre retour en Suisse. Alors nous profitons des moments où les enfants dorment pour chercher un logement à distance. Allongés sous la moustiquaire de la tente le soir par trente degrés, la tête encore pleine des aventures de la journée, il y a un côté un peu surréaliste à se plonger dans les petites annonces des agences immobilières. 

Les petites routes sinueuses quittent les plantations de palmiers un peu monotones pour s’enfoncer dans la forêt tropicale humide d’une petite chaîne de montagne. Les différentes espèces végétales s’entremêlent dans un joyeux désordre fleuri et parfumé, les odeurs exaltées par quelques averses de pluie fine. L’humidité est à son maximum, les T-shirts sont trempés et nous cherchons désespérément à nous rafraîchir. Nous arrivons justement à Nhan Sawan où de nombreux jeunes Thaïlandais viennent profiter du week-end pour sauter dans un grand bassin d’eau fraîche au milieu des cascades ! C’est très amusant et nous les rejoignons avec plaisir. 

Une deuxième pause baignade nous attend en fin de journée dans un complexe hôtelier plein de vacanciers, mais où nous sommes les seuls touristes occidentaux. En Thaïlande, les gens se baignent généralement tout habillés. Cette fois-ci, le port du maillot de bain est obligatoire et un système de location permet de s’équiper. L’offre féminine va du maillot de bain une pièce long au maillot couvrant intégral avec voile pour les jeunes filles musulmanes. Oubliez les bikinis, ce n’est vraiment pas dans les coutumes du pays et le soleil équatorial est là pour faire rôtir rapidement les petits morceaux de peau abandonnés sous ses rayons. 

Nous arrivons à Patthalung, dernière étape de notre périple en Thaïlande avant de prendre le train pour la frontière Malaisienne. Nous en profitons pour grimper les marches qui mènent au sommet de Khao Ok Thalu, un petit piton karstique offrant une belle vue sur toute la plaine. La falaise est percée d’un grand trou et Wikipedia nous informe de la mythologie associée à ce lieu sacré : une histoire de femme et de cœur brisé. Nous essayons d’en savoir plus en discutant avec les moines mais ils sont bien plus intéressés à pratiquer leurs rudiments d’anglais et de français avec les enfants aux cheveux bouclés ! 

Pour rejoindre la Malaisie, nous devons traverser le “Sud profond”. De culture malaise et musulmane, la région a été rattachée à la Thaïlande bouddhiste lors de négociations avec l’Angleterre en 1909. Une politique d’assimilation maladroite n’a fait qu’exacerber avec le temps les tensions sous-jacentes, jusqu’à dégénérer en violence pure et dure. Depuis 2004, les combats et attentats entre l’armée thaïlandaise et les forces séparatistes ont ainsi fait plus de 7000 morts. La région est bien sûr déconseillée aux voyageurs et nous la traversons donc en train pour rejoindre la frontière à Sungai Kolok. Et en effet, lorsque notre train passe dans la province de Yala, l’ambiance change complètement. Le Ramadhan vient tout juste de commencer et les vendeurs ambulants si nombreux au départ se volatilisent, remplacés par des patrouilles de militaires lourdement armés. 

Nous quittons ainsi la Thaïlande après six semaines de voyage. Nous avons pris notre temps pour zigzaguer dans les campagnes et découvrir ce pays aux multiples facettes : plages, gastronomie, paysages, jungle, temples, agriculture, et population souriante et accueillante. Y voyager est très facile et confortable même si la chaleur nous a un peu surpris lors de notre arrivée dans le nord du pays. Il a fait au moins aussi chaud dans le sud du pays mais nous nous sommes bien acclimatés et avons profité pleinement de ce pays et attachant !

Nous sommes maintenant dans le nord de la Malaisie, où nous avons déjà vécu des aventures fantastiques. Il y a quelque chose d’un peu épique à traverser cette région rurale et très musulmane à vélo en famille pendant le mois du Ramadan, quand les gens ne boivent ni mangent entre le lever et le coucher du soleil. 

Nous vous raconterons !

——

Fun facts: 

  • En Thailande nous avons roulé 1100km, sans incident mécanique.
  • Nous avons pris cinq fois le bus et deux fois le train.
  • Le thermomètre a dépassé les 30 degrés presque tous les jours et les 35 degrés la moitié du temps. 
  • Nous avons nagé dans 13 piscines différentes, parfois plusieurs fois.
  • Les piments thaïlandais peuvent être diaboliques 🔥
  • La Thaïlande, autrefois connue sous le nom de Siam, est le seul pays d’Asie du Sud-Est à n’avoir jamais été colonisé par les Européens. 
  • Le roi de Thaïlande passe une grande partie de son temps en Allemagne. En fait, c’est l’armée qui a le pouvoir.

=> nous avons ajouté un album photo récapitulatif sur la Thaïlande.

4 commentaires sur “ลาก่อน Thaïlande, selamat pagi Malaisie”

  1. Encore merci pour ce résumé qui nous permet de tout savoir sur la Thaïlande et ses habitants. Il nous rassure aussi sur votre quotidien que vous savez gérer avec sagesse et zénitude.
    Quel plaisir de vous lire !
    Les photos de vous quatre montrent toujours des visages rayonnants et les filles en profitent pleinement.
    Bravo et bonne continuation pour la suite. 🙏
    Gros bisous 🥰 et à tout bientôt au téléphone.

  2. Merci pour ce beau récit de vos vacances presque infinies! Visiblement, il fait bon se promener en Asie et tout particulièrement en Thailande; on comprend à vous lire pourquoi c’est devenu une destination si prisée.
    Profitez-en bien, ici c’est le Printemps qui commence et annonce le prochain retour des oiseaux migrateurs.
    Affecteuses bises de quatre helvètes 😉

  3. Dear friends

    Thanks you for letting me travel with you through these blogs. I am amazed by the logistics and planning that you have to do every day. How different is from the daily routine that one is used to! I can also read that you adapted very well to warm temperatures. August in Switzerland is going to be the cold season for you this year ;)😉😉)😝
    I really like this little lizard of the photograph. He has a very elegant pose in the picture and reminds me a cartoon I watched as a kid. well, in the cartoon I think it wore a hat but has the same attitude 🤪
    Have a good continuation and all the best wishes from CH
    Abrazos
    Pedro🤗🤗🤗🤗

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *